La petite soeur de l’égalité et de la fraternité

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La fraternité n’est pas un gros mot, mais un mot merveilleux, qui soutient avec vigueur les deux autres valeurs inscrites sur le fronton de nos mairies : liberté et égalité.

Au collège Vauban, qui poursuit depuis trois ans son exploration des mots fondateurs de la République, elle est peut-être la notion la plus difficile à définir, quoique la plus palpable si l’on s’en réfère à la famille.

Juste avant les vacances de printemps, le collège tout entier avait célébré la fraternité durant une journée banalisée lourde de sens.

Douze filles, deux garçons : ces élèves du collège Vauban prouvent que la fraternité n’est pas la cinquième roue du carrosse de la République. Photo DR

Un travail d’une année lourd de sens

Vendredi soir, l’atelier théâtre, au théâtre Louis-Jouvet, a décortiqué cette même valeur sur scène devant une salle comble. 14 élèves de 3e , emmenés par Juliette Prieur, prof de français, qui a travaillé en partenariat étroit avec Sophie Kordylas, metteur en scène associée au théâtre du Pilier, ont donné leur vision de la fraternité avec rythme et énergie.

Le résultat du travail d’une année scolaire, dans le cadre du programme Culture collèges financé par le conseil départemental, durant lequel les adolescents ont appris à sortir d’eux-mêmes, se connaître, poser leur souffle, articuler, vaincre leurs peurs, « exprimer des choses que nous n’arrivons pas à faire sortir en cours », relève un professeur, épaté, dans le public. « Un travail fou en terme de placements et de textes à apprendre », ajoute Juliette Prieur, qui a composé avec des troisièmes volontaires et de tout niveau dans l’établissement.

Pas de décor mais des touches tricolores. Pour démarrer, des phrases assénées en un puzzle éparpillé qui s’assemble au fil du spectacle, et comme fil conducteur, un texte de Sophie Chérer, « La fraternité ou la mort ».

Il pose la question de cette valeur numéro 3, qui vient « à la ramasse » des deux premières notions sur laquelle la République est construite.

Dans leur discours, rythmé par des tableaux évoquant les violences familiales, le racisme, l’indifférence de l’autre, ou à travers un texte magnifique et si actuel de Victor Hugo « à son retour d’exil », redonnant sa place à « Paris, ville sacrée », les adolescents ont composé un maelström pétillant et coloré ont démontré avec vigueur que « c’est par la fraternité qu’on sauve la liberté ».

Une jolie leçon à méditer en ces temps obscurcis.

Karine FRELIN – Est Républicain

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