
Alors que les cérémonies du 11-Novembre se déroulent dans le Territoire de Belfort, des jeunes porte-drapeaux prennent place dans les rangs. L’Union nationale des déportés, internés et familles de disparus (Unadif) accompagne ces jeunes relayeurs de mémoire, dont Mansour.
« L’amour pour tous, la haine pour personne », voici le leitmotiv de Mansour, douze ans, jeune porte-drapeau. Citation qu’il reprend au philosophe indien Mirza Nasir Ahmad. En 4e au collège Vauban de Belfort, Mansour fait partie de ces jeunes qui ont décidé de devenir porte-drapeau. Ce 11-Novembre, il tiendra fièrement le drapeau tricolore au square du Souvenir de Belfort.
Mansour est membre de la branche Jeunesse et Relayeurs de l’Union nationale des déportés, internés et familles de disparus (Unadif). Cet organisme compte actuellement quatre jeunes porte-drapeaux, et deux nouveaux devraient rejoindre le groupe. Pour les cérémonies du 11-Novembre, ces jeunes, âgés entre huit et douze ans, seront répartis entre Belfort, Cravanche et Delle.
Mansour, porte-drapeau depuis un an et demi
Pour Mansour, tout commence en 2023, lors de la victoire de sa sœur à un concours d’éloquence. Il fait alors la rencontre de Jean-Pierre Borgo, président délégué de l’Unadif. « Il a remarqué ma fascination pour les porte-drapeaux », se remémore le jeune homme. Mansour se lance alors dans l’aventure.
Le jeune homme l’admet: dans son cercle d’amis, peu souhaitent devenir porte-drapeaux. Le vent, le froid et les horaires matinaux sont autant d’éléments dissuasifs. Mais Mansour retient un aspect positif : la fierté de porter le drapeau. « Être porte-drapeau, cela s’accompagne d’une grande fierté et une adhérence totale aux valeurs de la République », explique le jeune homme. Il souligne également l’importance du devoir de mémoire. « Nous ne devons pas oublier les sacrifices de nos anciens ».
Un équipement adapté
Pour ces jeunes de l’Unadif, pas de formation particulière. Dans le Territoire de Belfort, il n’existe pas d’école de porte-drapeau. Ce qui compte est surtout l’entraide entre les plus jeunes et les anciens. « Il faut tenir le drapeau, le descendre, quand il y a des sonneries et le remonter », liste Jean-Pierre Borgo, président délégué de l’organisme.
Face à la corpulence des enfants, tout l’équipement des porte-drapeaux a été repensé. Alors que l’ensemble pèse six kilos chez les adultes, pour les enfants, il est allégé pour ne pas dépasser les trois kilos. « Pour les deux plus petits, ce sont des drapeaux de 60 sur 60 centimètres que l’on a fait faire en 2013 par une entreprise 100 % française », explique Jean-Pierre Borgo. Le mat est allégé, les drapeaux ne sont pas brodés, mais sérigraphiés, et la toile utilisée est moins lourde. Pour les jeunes de 12 ans, le même type de processus est suivi, mais cette fois-ci, les drapeaux font un mètre sur un mètre. Le président délégué l’admet, à l’époque et même aujourd’hui, ce genre de commande n’est pas monnaie courante.
C’est pourtant nécessaire pour le bien-être des jeunes porte-drapeaux. « Il est impératif de trouver un bon équilibre pour ne pas se faire mal ou faire un malaise », souligne Mansour. Grâce à ses cours de musique, le jeune homme a trouvé ses propres techniques pour assurer son confort : une bonne posture alliée à une gestion de sa respiration et de légères pauses.
L’Unadif et la jeunesse
Pour la branche jeunesse de l’Unadif, Jeunesse et Relayeurs créée en 2013, attirer les jeunes n’est pas compliqué. « Il faut les laisser libres de leurs actes et ne pas les forcer à faire une chose qu’ils n’ont pas envie de faire », assure Jean-Pierre Borgo. Pour lui, attirer les jeunes dans le devoir de mémoire, c’est aussi s’adapter à cette nouvelle génération.
« C’est à eux de relayer la parole des anciens. Les déportés, il y en a plus », ajoute-t-il. D’ailleurs, au sein de l’Unadif, la moyenne d’âge est de seulement 42 ans. À l’image de sa présidente, Louane Grennepois, nommée à 21 ans.
© Le 3 infos – Novembre 2025