Le héros Jean Zay inspire Vauban

Particulièrement porté depuis quatre ans sur l’apprentissage des valeurs républicaines, l’établissement rend hommage à Jean Zay, ministre emblématique de l’Éducation nationale et acteur valeureux de la Résistance.

« Il faut donner à la jeunesse assez de doctrine offensive, assez de convictions intangibles, assez d’impératifs, assez d’armes pour affronter les dangers d’une époque, pour défendre par tous les moyens l’héritage de nos libertés ». Cette citation de Jean Zay, ministre de l’Éducation nationale, des beaux-arts, de la recherche, des sports et des loisirs, du 4 juin 1936 au 10 septembre 1939, est inscrite sur la plaque qui lui rend hommage au collège Vauban, de Belfort. « Elle résume l’essentiel de notre travail », a souligné Jean-Jacques Fito, le principal de l’établissement, face aux élèves qui participaient hier à la « journée de la laïcité » et, plus largement, s’investissent depuis quatre ans dans un cycle d’apprentissage des valeurs républicaines.

L’une des deux filles de Jean Zay, Hélène Mouchard-Zay, a honoré de sa présence la cérémonie d’inauguration, vendredi. Elle y tenait, d’autant que le collège Vauban avait reçu l’an passé un prix national de l’association des amis de Jean Zay.

Le recteur de l’académie de Besançon, Jean-François Chanet, n’a pas caché non plus sa joie de participer à cet hommage. Il avait hier dans sa sacoche un exemplaire du livre « Souvenirs et solitude », un journal écrit par Jean Zay durant sa captivité pendant l’Occupation et publié la première fois en 1945. « Il m’a servi pour ma thèse sur l’enseignement scolaire sous la IIIe République », confie le recteur, « Jean Zay, alors dans le gouvernement de Léon Blum, a fait adopter en 1936 la réforme de la scolarité obligatoire, pour améliorer la fréquentation scolaire ».

Jean Zay avait démissionné en septembre 1939 pour rejoindre l’armée française. Ses chefs militaires le disaient « volontaire pour les missions les plus périlleuses et les plus délicates ». Mais le gouvernement de Vichy va l’arrêter pour désertion alors qu’il se rendait avec d’autres en Afrique du Nord pour poursuivre l’action du gouvernement français. Il est emprisonné jusqu’à ce que la milice ne vienne le chercher, quelques jours après le Débarquement, et l’assassiner. Ses cendres reposent depuis 2015 au Panthéon, en tant que « grande figure qui évoque l’esprit de résistance ».

Philippe BROUILLARD / Est Républicain

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