« 13 ans ? Je pourrais aller en prison ! »

Cette semaine, les élèves de 5e  du collège Vauban ont été sensibilisés à la justice des mineurs et au harcèlement. L’occasion de découvrir qu’on peut être incarcéré bien avant la majorité.

 

Les collégiens ont découvert le rôle du juge des enfants, qui protège ou sanctionne les mineurs. Photo I.P.

 

Quand on est adolescent et qu’on n’a jamais eu affaire à la justice, le monde des magistrats paraît souvent obscur. Lionel Brandt, directeur-adjoint de la Segpa du collège Vauban, a choisi de sensibiliser les élèves de 5e. Assesseur pendant onze ans au tribunal de grande instance de Montbéliard, il est délégué du procureur pour les mineurs et intervient dans les mesures de réparation pénale, les rappels à la loi pour des délits de vols ou agressions.

« Pour la justice, les enfants vont de 0 à 18 ans. La justice des mineurs est régie par l’ordonnance de 1945, qui prévoit que la réponse doit être d’abord éducative avant d’être répressive. » Les interventions, qui s’inscrivent dans la semaine citoyenne permettent de familiariser les collégiens avec le vocabulaire judiciaire. Répression, délit, infraction, homicide, des notions qui ont été expliquées avec des mots simples.

« Le rôle du juge des enfants est de protéger les mineurs, par exemple si les parents sont défaillants, mais aussi de sanctionner ceux qui commettent des délits. »

L’occasion, pour les ados, de découvrir qu’on « est responsable pénalement à 10 ans, c’est-à-dire qu’on peut être placé en garde à vue », mais surtout que l’incarcération est possible dès 13 ans. Exclamations dans la classe. « Wouah, je pourrais aller en prison ! », lâche un élève, au fond de la salle.

« Vos parents sont civilement responsables, c’est-à-dire qu’ils devront indemniser si vous faites des bêtises. Et avant 10 ans, même si vous n’êtes pas sanctionné, vous serez suivi par un éducateur ou placé en foyer. »

 

La question du harcèlement

L’intervention avait aussi pour objet d’aborder un délit dont souffrent certains collégiens, le harcèlement.

L’occasion d’amener les jeunes à définir ce qu’il implique. « C’est quand on se moque ou qu’on menace quelqu’un », lance cet élève. « Et que ça se passe tous les jours », ajoute une autre. « La différence avec la violence ordinaire, qui n’est pas non plus acceptable, c’est la répétition des faits contre la même personne », résume Christine Marcjan, l’assistante sociale de l’établissement. « Pour un mineur harceleur, le code pénal prévoit jusqu’à 1 an de prison et 15 000 € d’amende », rappelle Lionel Brandt.

Après avoir diffusé deux vidéos courtes, mais explicites, les deux intervenants ont fait passer le même message : « Si vous êtes victime ou témoin, aller en parler à un adulte, l’assistante sociale, le CPE, un prof, vos parents. Ne rien dire vous rend complice. »

Pour aller plus loin, sur Internet : justimemo.justice.gouv.fr ; #nonauharcelement, que faire si on est victime, témoin, parent de victime ou de témoin.

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